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Retraités : pension gelée, abattement raboté… comment préserver votre pouvoir d’achat en 2027 ?

Retraités : pension gelée, abattement raboté… comment préserver votre pouvoir d’achat en 2027 ?

Revalorisation au rabais et abattement de 10 % plafonné : le budget 2027 pèse sur les retraités. Voici comment mesurer l’impact et garder la main.

Pendant longtemps, la retraite a été perçue comme une période de stabilité financière. Les pensions suivaient l’inflation, la fiscalité restait prévisible et chacun pouvait organiser son budget sans trop de surprises. Les projets de budget pour 2027, présentés le 1er octobre, remettent en cause cette tranquillité. Deux mesures touchent directement les retraités : une revalorisation des pensions désormais modulée selon leur montant et un plafonnement plus strict de l’abattement fiscal de 10 %. Prises séparément, elles peuvent sembler modestes. Cumulées, elles dessinent une érosion lente mais réelle du pouvoir d’achat.

La première mesure figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Au 1er janvier 2027, seules les pensions inférieures à 1 260 euros par mois, soit 85 % du Smic, seraient revalorisées normalement selon l’inflation. Entre 1 260 et 2 000 euros, la hausse serait limitée à la moitié de l’inflation. Au-delà, les pensions de base pourraient être gelées à leur niveau de 2026. Le seuil s’apprécierait sur l’ensemble des pensions perçues, base et complémentaires confondues, et s’appliquerait à chaque retraité individuellement. Les taux définitifs seront fixés ultérieurement par voie réglementaire, ce qui laisse encore une part d’incertitude. Le même texte prévoit en outre, pour les pensions liquidées à partir du 1er juillet 2027, de remplacer la majoration de 10 % accordée aux parents de familles nombreuses par un montant forfaitaire, dont les modalités restent à définir. Les futurs retraités sont donc concernés eux aussi.

La seconde mesure est fiscale. Aujourd’hui, les pensions bénéficient d’un abattement de 10 % plafonné à un peu plus de 4 400 euros par foyer. Le projet de loi de finances créerait un sous-plafond de 3 000 euros réservé aux pensions de retraite, que l’on soit seul ou en couple. Environ 4,6 millions de foyers seraient concernés, soit un tiers des foyers de retraités, essentiellement ceux qui déclarent plus de 30 000 euros de pensions par an. La mesure s’appliquerait dès l’imposition des revenus de 2026, payée en 2027.

Prenons un couple de retraités installé dans le Lot-et-Garonne, percevant chacun une pension de 1 800 euros par mois. Avec une inflation proche de 1,7 %, chacun perdrait environ 15 euros de hausse mensuelle, soit près de 360 euros par an pour le foyer. Dans le même temps, l’abattement fiscal passerait d’environ 4 300 à 3 000 euros, ce qui augmenterait le revenu imposable de 1 300 euros. Rien de spectaculaire pris isolément, mais un manque à gagner qui se reproduira chaque année et se cumulera avec l’inflation. Sur une retraite de vingt ou vingt-cinq ans, l’écart peut devenir significatif. D’autant qu’une revalorisation manquée n’est jamais rattrapée les années suivantes.

Face à cette évolution, la tentation est de ne rien faire en attendant le vote définitif. Le texte sera en effet débattu au Parlement et ses paramètres pourraient évoluer. Pourtant, protéger son pouvoir d’achat à la retraite ne se résume pas à surveiller le montant de sa pension. Plusieurs leviers existent, et leur efficacité dépend entièrement de la situation de chacun. La manière de compléter ses revenus en est un. Les rachats partiels sur un contrat d’assurance-vie de plus de huit ans bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple sur la part de gains retirée, ce qui permet de dégager un complément de revenu peu fiscalisé. Le recours aux services à la personne, qui ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 % dans certaines limites, peut aussi alléger la facture. L’organisation du patrimoine immobilier et la vérification du taux de prélèvement à la source complètent ce tableau.

Un retraité du Pays basque qui dispose d’une épargne importante mais la laisse dormir sur des livrets pourrait ainsi compenser une partie de la perte sans augmenter sensiblement son imposition. Encore faut-il le savoir, et surtout savoir combien retirer, à quel rythme et sur quel support, sans fragiliser l’épargne de précaution ni les projets de transmission.

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