Un livret ouvert pour un enfant puis oublié au fond d'un tiroir, un compte bancaire laissé à l'abandon après un déménagement, une assurance-vie souscrite par un grand-parent dont personne n'a jamais entendu parler… Ces situations sont bien plus fréquentes qu'on ne l'imagine. Fin 2025, les sommes de ce type conservées par la Caisse des dépôts atteignaient environ 8,1 milliards d'euros. Ce trésor dormant vient de refaire surface dans l'actualité, puisque le projet de loi de finances pour 2027 propose d'y appliquer un prélèvement exceptionnel de 17 %, calculé sur les avoirs détenus au 31 décembre 2026, pour une recette attendue d'environ 1,4 milliard d'euros.
Pour comprendre la portée de cette mesure, il faut d'abord rappeler comment l'épargne s'endort. Depuis la loi Eckert, une banque doit identifier les comptes inactifs, prévenir leur titulaire et, en cas de décès, chercher à joindre ses héritiers. Un compte sans aucune opération ni manifestation de son titulaire pendant dix ans est ensuite transféré à la Caisse des dépôts. Ce délai est ramené à trois ans lorsque le titulaire est décédé et que personne ne s'est fait connaître. Les contrats d'assurance-vie suivent une logique comparable. Les assureurs sont tenus de vérifier régulièrement si leurs assurés sont décédés et de rechercher les bénéficiaires. Lorsque les capitaux ne sont toujours pas réclamés dix ans après que l'assureur a eu connaissance du décès ou du terme du contrat, ils rejoignent eux aussi la Caisse des dépôts. Les sommes y sont conservées pendant de longues années, généralement vingt ans et jusqu'à vingt-sept ans en cas de décès connu. Au bout de trente ans au total, elles reviennent définitivement à l'État.
Le gouvernement assure que le prélèvement envisagé ne lèse personne. Les titulaires et ayants droit qui se manifesteraient ensuite seraient remboursés intégralement, sans déduction, l'État compensant lui-même la Caisse des dépôts. Sur le papier, votre argent oublié ne fondrait donc pas de 17 %. Le signal envoyé mérite pourtant qu'on s'y attarde, car il rappelle une réalité souvent négligée. Une épargne qui dort pendant des années ne travaille plus pour vous ni pour vos proches. Elle ne finance aucun projet, ne prépare aucune retraite et ne profite à aucune transmission, alors que l'inflation en érode patiemment la valeur réelle. Et si personne ne la réclame, elle finit tout simplement dans les caisses publiques.
La bonne nouvelle, c'est que la recherche est simple et gratuite. Le site officiel Ciclade, géré par la Caisse des dépôts, permet de vérifier si des comptes ou des contrats au nom d'un proche disparu, ou à votre propre nom, ont été transférés. Pour l'assurance-vie, l'Agira permet de savoir si vous êtes désigné bénéficiaire d'un contrat après le décès d'un proche. Ces démarches ne prennent que quelques minutes et devraient devenir un réflexe à chaque succession, et même de temps en temps pour soi-même. Une famille installée dans le Gers qui règle la succession d'un parent ayant longtemps vécu dans une autre région a tout intérêt à faire cette vérification sans attendre. Il en va de même pour un couple du Pays basque qui se souvient vaguement d'un plan d'épargne ouvert à la naissance d'un enfant, il y a vingt ans, dans une agence qui a depuis fermé ses portes.
Retrouver une somme oubliée n'est toutefois que la moitié du chemin, car il faut encore décider quoi en faire. La réintégrer dans une épargne de précaution, la placer sur une enveloppe adaptée à un projet précis ou l'utiliser pour préparer une transmission sont des choix très différents, qui dépendent de votre situation d'ensemble. Le phénomène de déshérence révèle surtout un problème plus large : beaucoup de foyers n'ont aucune vue globale de leur patrimoine. Les contrats s'empilent au fil des années, d'une banque à l'autre, souvent avec des clauses bénéficiaires jamais relues depuis la souscription et des comptes que plus personne ne suit. Un mariage, une séparation ou une naissance peuvent pourtant rendre une clause totalement inadaptée, au risque de compliquer ou de retarder le versement des capitaux.
C'est là que l‘outil de diagnostic EVOVI prend tout son sens, comme première étape pour remettre de l'ordre. En quelques minutes et gratuitement, il vous amène à recenser vos placements, vos comptes et vos contrats, puis à les confronter à vos objectifs de vie. Ce simple inventaire fait souvent apparaître des enveloppes oubliées, des doublons ou des contrats qui ne correspondent plus du tout à vos projets. C'est le meilleur antidote à l'épargne qui s'endort.
À partir de ce diagnostic, l'accompagnement EVOVI vous permet d'aller plus loin, selon vos besoins. L'assistance patrimoniale vous aide à monter en compétence pour apporter de la sérénité dans vos prises de décisions. La consultation patrimoniale vous accompagne dans le choix et la mise en place des solutions d'épargne les plus adaptées à vos objectifs, à votre profil d'investisseur et à votre horizon de placement. Dans les deux cas, l'objectif reste le même : que chaque euro de votre patrimoine soit identifié, suivi et réellement utile, aujourd'hui comme pour ceux qui vous succéderont.
Le budget 2027 rappelle que l'argent oublié ne disparaît jamais vraiment, il change simplement de mains. Mieux vaut qu'il reste dans les vôtres.